L’attachement : pilier de la parentalité positive!

« L’attachement est actif depuis le berceau jusqu’à la tombe » – John Bowlby

Il est le garant de notre bien-être. Il s’installe dès la naissance et évolue tout au long de la vie en fonction des expériences et des prises de conscience.

Bowlby (1969) décrit l’attachement comme étant le produit des comportements qui ont pour objet la recherche et le maintien de la proximité d’une personne spécifique.

Il s’agit d’un besoin social primaire et inné d’entrer en relation avec autrui.

La fonction de l’attachement est une fonction adaptative à la fois de protection et d’exploration.

Si l’espèce humaine continue de perpétuer ce système d’attachement, c’est que celui-ci contribue à sa survie! 

Autrement dit, le fait que l’enfant manifeste ses besoins d’attachement et que l’adulte y réponde est quelque chose d’absolument nécessaire à son bon développement.

La mère (ou son substitut) constitue une base de sécurité pour son enfant.

Le nouveau-né dispose d’un répertoire de comportements instinctifs, tels que s’accrocher, sucer, pleurer, sourire, qui vont pouvoir être utilisés au profit de l’attachement.

 

La figure d’attachement (puis les figures d’attachement)

La figure d’attachement est la personne vers laquelle l’enfant dirigera ses comportements d’attachement.

Selon Bowlby la mère est en général la première personne pour tenir cette fonction.

Plus largement, toute personne qui s’engage dans une interaction sociale avec l’enfant et qui est capable de répondre à ses besoins est susceptible de devenir une figure d’attachement.

A l’adolescence, même si les figures d’attachement principales sont les parents, l’enfant s’éloigne peu à peu au profit d’autres d’autres engagements affectifs (amis, groupes) et sexuels (amour) ce qui  entraîne, parfois, de douloureux conflits de loyauté.

Chez l’adulte, les figures d’attachement évoluent et l’attachement aussi.

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Les différents types d’attachements : 

  1. – sécure : Autonomie, exploration facile de l’environnement, capacité d’attirer l’attention d’autrui et d’exprimer ses besoins
  2. – insécure évitant : Pseudo indépendance, exploration facile de l’environnement, moins attentif à la sécurité, peu d’expression des affects, peu d’expression de ses besoins
  3. – insécure ambivalent-résistant  : Comportement de demandes incessantes, besoin d’être sécurisé sans être satisfait, hyper-expression des besoins
  4. désorganisé : Comportements chaotiques et instables, pas de soulagement de la détresse

attachement

Quelles conséquences?

« Une des fonctions de l’attachement est de permettre de se sentir en sécurité, de façon à pouvoir partir à la découverte de ce qui nous entoure.

Cela est très important pour le développement intellectuel et moteur du bébé, mais demeure une constante dans la vie adulte, sous forme de curiosité intellectuelle, curiosité relationnelle et absence de crainte face à la nouveauté ou à l’inconnu. » – Yvane Wiart

Un enfant sécure :

  • comprend qu’il est digne de soins et de l’affection des autres
  • il développe une image positive de lui et des autres (et parvient à faire face aux aspects négatifs de lui-même)
  • est disponible pour se conformer au cadre éducatif organisé par ses parents, ses enseignants,…

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Un enfant insécure :

  • n’est pas certain d’être digne d’être aimé
  • développe une image plutôt négative ou trop positive de lui
  • manque de confiance en lui
  • peut avoir une image négative des autres (insécure évitant) ou une image positive des autres (insécure ambivalent)
  • a des difficultés à gérer ses émotions désagréables

Peut-on passer d’un attachement sécure à insécure ? et inversement ?

Oui, la nature de l’attachement n’est pas acquise définitivement. Des expériences douloureuses, un manque de soutien, …peuvent faire basculer un attachement sécure en attachement insécure.

Et de la même manière, on peut passer d’un attachement insécure à sécure en côtoyant des personnes bienveillantes et aimantes, en pratiquant des activités épanouissantes ou en suivant une psychothérapie. On évoque la résilience.

Pas de déterminisme immuable : prise de conscience, neuroplasticité et tuteurs de résilience

Neurosciences et attachement

Daniel Siegel, neuroscientifique américain, fournit une approche neurodéveloppementale de l’attachement, montrant comment la structure même du cerveau est modelée par les interactions avec autrui, et tout particulièrement les interactions précoces.

La répétition d’un certain type de réponses obtenues à une stimulation, les pleurs de bébé ou au contraire ses tentatives de contact positif, créent un conditionnement, une association neuronale spécifique qui rapidement s’active en présence de stimuli semblables, voire dans la simple anticipation de tels stimulis.

Pour autant, le cerveau est plastique et peut se reconfigurer à tout moment de la vie.

Il suffit que dans un sous ensemble, un élément nouveau apparaisse, suffisamment proche pour ne pas être rejeté comme incompatible, et cependant suffisamment différent et porteur d’une forte valeur informative pour que l’ensemble du système s’en trouve modifié.

 

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Ou alors on peut assister à l’intégration d’éléments différents proches entre eux, dont l’accumulation finit par introduire une masse critique faisant basculer les paramètres du schéma d’origine.

C’est tout l’intérêt d’un accompagnement thérapeutique : les psychologues cherchent à relancer l’évolution vers davantage d’intégration et de complexité dans le système relationnel humain et dans les connexions neuronales qui le sous tendent au sein du cerveau en présentant de nouveaux contextes et en introduisant plus de flexibilité.

Une reprise de contact avec l’instinct d’attachement

Ainsi, il est possible d’envisager une reprise dans une évolution bloquée :

  • soit par une action thérapeutique professionnelle,
  • soit par une rencontre avec une personne sécure qui peut parvenir à faire évoluer les modalités d’attachement insécure d’un partenaire,
  • soit par une prise de conscience personnelle sur ce qu’il y a de mieux à faire (mais ce cas est extrêmement rare et difficile).

Pour aller plus loin : Télécharger gratuitement ce livre en version PDF , L’attachement un lien vital Nicole GUEDENEY

 

Céline BARRAU Psychop praticienne, Coaching et thérapies brèves Ateliers Filliozat

Coaching et formation à La Garde (83130)  et à distance

 

 

 

Sources : Nicole Guedeney , Yvane Wiart (L’attachement, un instinct oublié) …

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